Bio

Biographie

Née à Douala (Cameroun) en 1973, Léonora Miano réside en France depuis l’automne 1991. Elle est l’auteur de quinze ouvrages dont certains ont reçu les distinctions les plus prestigieuses. Son travail littéraire arpente les zones les plus inconfortables de l’expérience subsaharienne passée et présente. Contrairement à l’apparence, ce choix est distant de tout afropessimisme. Au contraire, Léonora Miano est convaincue que la capacité à nommer la douleur, à regarder en face le mal, revient déjà à les dépasser. Cette écriture est donc un acte de foi, l’affirmation d’une confiance sans bornes dans les possibles de l’Afrique qui vient et l’expression d’un amour exigeant à l’égard de ces peuples que Césaire qualifia de Fils aînés du monde. Dans ses romans adressés à son Afrique natale, c’est toujours l’humanité entière que l’auteur espère décrire et tenter de comprendre.

La littérature de Léonora Miano s’enracine dans une sensibilité globale qui met en dialogue les expériences subsahariennes et diasporiques. Les personnages de cet univers transnational sont la plupart du temps perçus de l’intérieur, ce qui permet de faire apparaître leur universalité. Plus que postcoloniale, l’approche de Léonora Miano est décoloniale et frontalière. Il ne s’agit pas, pour elle, d’énoncer un contre-discours, de s’épuiser en vaines joutes contre la pensée occidentale. Il est plutôt question de formuler, en toute autonomie, une parole de l’Afrique subsaharienne sur elle-même et sur le monde. C’est à une prise de responsabilités que cette oeuvre invite, la liberté ne pouvant s’envisager autrement.

C’est aussi à Léonora Miano que l’on doit l’inscription des expériences afropéennes dans la littérature écrite en français. Il était, en effet, capital de nommer cette nouvelle ethnicité marquée par le passé colonial, mais bien ancrée sur le sol européen où elle a vu le jour. Les Afropéens, on l’aura compris, ne sont pas des immigrés, mais des autochtones d’une Europe rétive à étreindre tous ses enfants.

Souvent récompensée, l’œuvre de Léonora Miano ne cesse d’imposer sa singularité depuis plus de dix ans.

Bibliographie

Crépuscule du tourment 2, roman, Grasset, 2017.

Crépuscule du tourment 1, roman, Grasset, 2016.

L’impératif transgressif, essai, L’Arche Editeur, 2016

Red in blue trilogie, théâtre, L’Arche Editeur, 2015.

La saison de l’ombre, roman, Grasset, 2013 et Pocket 2014. Prix Fémina 2013. Grand prix du roman métis 2013.

Ecrits pour la parole, théâtre, L’Arche Editeur, 2012. Prix Seligmann contre le racisme 2012.

Habiter la frontière, essai, L’Arche Editeur, 2012.

Ces âmes chagrines, roman, Plon, 2011 et Pocket 2016.

Blues pour Elise, roman, Plon, 2010 et Pocket 2011.

Soulfood équatoriale, nouvelles, Nil Editions, 2009. Prix Eugénie Brazier 2010 (catégorie coup de cœur).

Les aubes écarlates, roman, Plon, 2009 et Pocket 2010. Trophée des arts afro-caribéens 2010 (catégorie roman).

Afropean soul, nouvelles, Flammarion – Etonnants classiques, 2008.

Tels des astres éteints, roman, Plon, 2008 et Pocket 2009.

Contours du jour qui vient, roman, Plon, 2006 et Pocket 2007. Prix Goncourt des lycéens 2006. Prix de l’Excellence camerounaise 2007.

L’intérieur de la nuit, roman, Plon, 2005 et Pocket 2006. Prix Montalembert du premier roman de femme 2006. Prix Louis Guilloux 2006. Prix René Fallet 2006. Prix Bernard Palissy 2006. Ce roman est inscrit au programme officiel des classes de seconde du Cameroun depuis l’année 2010.

Sous la direction de Léonora Miano :

Marianne et le garçon noir, non fiction littéraire, Pauvert, 2017.

Volcaniques : une anthologie du plaisir, nouvelles, Mémoire d’encrier, 2014.

Première nuit : une anthologie du désir, nouvelles, Mémoire d’encrier, 2012.